Au cours de 2015, la balance commerciale algérienne a été déficitaire 13,7 milliards de $, malgré une très forte baisse des importations (-12,1%). Mais la baisse des exportations d’hydrocarbures a été largement plus importante (41%). Même les exportations hors hydrocarbures ont baissé (20%). Cette évolution qu’explique évidemment celle des prix du pétrole, a conduit à des baisses très importantes aussi dans toutes les catégories de produits : si celles des biens intermédiaires et des biens d’équipement restent « limitées ». Les biens de consommation ont plongé avec plus de 16% de baisse.

Bien entendu cette situation est inquiétante puisqu’on sait maintenant que le prix du pétrole va rester bas et pendant une longue période et que même si redressement il y a, la hausse sera modérée, et que cela ne sera pas pour le court terme.

Evolution du commerce extérieur algérien en 2015
COMMERCE EXTÉRIEUR 2014 2015 Evolution
Importations ( CAF) 58 580 51 501 -12,1
Biens alimentaires 11 005 9 314 -15,4
Biens intermédiaires 17 622 15 881 -9,9
Biens d'équipements 19 619 17 709 -9,7
Biens de consommation non alimentaires 10 334 8 597 -16,8
Exportations (FOB) 62 886 37 787 -39,9
         Hydrocarbures  60 304 35 724 -40,8
         Hors Hydrocarbures 2 582 2 063 -20,1
Balance commerciale 4 306 -13 714  
 

Unité : millions de dollars US
Source : ministère des finances d’après CNIS

 A fin septembre 2015, le déficit de la balance des paiements algérienne avait atteint plus de 20 milliards de dollars. Il devrait s’établir à autour de 25-26 milliards de dollars à fin décembre.  Les réserves de changes algériennes évaluées à 179 milliards en 2014, retomberait alors à 153-154 milliards à fin décembre. 

Au cours de cette année le prix du brent proche de celui du pétrole algérien a évolué par palier : 55$ environ ; 45$ jusqu’à octobre, 35$ ensuite, jusqu’au plus bas de trente ces dernières semaines.

S’il n’y a pas de relèvement du prix du pétrole au cours de l’année 2016, il faudrait donc s’attendre à un déficit de la balance commerciale plus important et par suite aussi da la balance des paiements compte tenu de la configuration de la balance des paiements algérienne où la balance des capitaux n’est pas très dynamique. Les réserves de change en fin d’année, qui se situeront à plus de cent vingt milliards de dollars, demeureront quand même appréciables, avec une marge de manœuvre de 4 à 5 fois le déficit budgétaire prévisible pour 2016. 

Le risque macroéconomique se situerait plutôt du côté du budget où le l’épuisement des réserves du FRR pourrait se déclarer en 2017.